Le bois-énergie, c’est pas c’qu’on croit !

 In Energies info en ligne

Le bois-énergie, c’est pas c’qu’on croit !

On recycle la formule du dernier numéro sur le solaire… pour le bois-énergie ! Dans ce domaine aussi, les idées reçues ont la vie dure ! Nous vous proposons une démystification !

Tout d’abord, mettons-nous d’accord sur le vocabulaire : le bois-énergie désigne l’utilisation du bois à des fins énergétiques : pour produire de la chaleur, voire dans certains cas de l’électricité (cogénération). Ce bois énergie peut se décomposer en trois familles :

  • Le bois-bûche
  • Le granulé ou pellet
  • La plaquette forestière ou bois déchiqueté

Le bois-énergie est considéré comme une énergie renouvelable : c’est-à-dire que la quantité de bois prélevée est renouvelable à l’échelle humaine, à l’horizon de 80 ans.

Cependant, le bois-énergie a encore parfois mauvaise presse. Ses détracteurs lui imputent de nombreux maux, et il serait, d’après eux, tout aussi, voire plus, problématique que du fioul ou du gaz pour chauffer sa maison et réchauffer la planète ?! Alors, revenons sur les grandes idées-reçues qui entourent cette source d’énergie.

A cause du bois énergie, on déforeste !

 

Une chose sur laquelle nous sommes tous d’accord : les arbres sont nécessaires à l’équilibre de la biodiversité, à l’absorption du CO2 et à la production d’oxygène. La coupe massive, ou des événements naturels extrêmes tels que les feux de forêt, peuvent avoir des effets désastreux sur l’environnement et notre santé.

Mais quel est l’impact réel du bois énergie dans le volume de forêt disponible en France ?

Il faut savoir que le bois énergie est majoritairement un sous-produit de la coupe de bois pour du bois d’œuvre ou du bois industrie et qu’au final, la part du bois-énergie représente 5% du volume du bois forestier…

De façon générale, grâce aux plans de gestion durable des forêts mis en place par l’Etat, ainsi que les labels et certifications (FSC, PEFC…), les gestions des forêts sont durables. En Grand-Est, le taux de prélèvement de bois est de 75% de l’accroissement naturel, tandis que l’emprise de la forêt a même doublée en France depuis les années 1900 : elle couvre aujourd’hui 31% du territoire !

 

Le chauffage au bois pollue !

Deux types de pollutions sont pointées par les détracteurs du chauffage au bois : le CO2, participant à l’effet de serre, et les émissions de polluants tels que le monoxyde de carbone, l’oxyde d’azote… etc

Concernant le CO2, c’est très simple : le bilan carbone du bois énergie est proche de la neutralité car lors de la combustion, le CO2 rejeté équivaut au CO2 capté lors de la croissance de l’arbre.

En ce qui concerne les fumées de combustion, les émissions dépendent de la qualité d’installation. Les chaufferies industrielles par exemple, sont aujourd’hui équipées de traitement de fumées à travers des filtres répondant à des exigences règlementaires qui se renforcent d’années en années. Concernant les appareils individuels, des labels sont mis en place pour guider les usagers : le label Flamme verte mis en place à partir des années 2000 par les fabricants et l’ADEME permet de comparer les rendements et émissions des différents appareils. Aujourd’hui, les plus performants sont de label Flamme verte 7 étoiles et ce sont d’ailleurs les seuls qui ouvrent droit aux subventions de l’Etat.

Attention : la pollution provient souvent de l’usager : un appareil pollue si vous utilisez du bois trop humide (taux d’humidité > 20%) ou que votre appareil est mal entretenu ou mal réglé !

Le chauffage au bois n’est pas efficace

S’il est vrai que nos vieux foyers ouverts éclairaient plus la pièce qu’ils ne la chauffaient, les nouveaux appareils atteignent des rendements supérieurs à 80% et même 90% pour les chaudières granulés !

Le rendement dépend de l’entretien et du réglage de votre appareil, mais également des essences brûlées : les bûches de bois de feuillus tendres ont un pouvoir calorifique moyen mais ont un temps de combustion rapide tandis que les bois issus d’arbres feuillus durs ont un meilleur pouvoir calorifique et ont une combustion et une restitution de la chaleur longue et régulière.

En définitive, les rendements sont très satisfaisants, tant que vous brûlez du bois sec, ramassez les cendres et ramonez votre conduit.

Le chauffage au bois coûte cher

L’analyse du graphique ci-dessous se passe de commentaires : l’électricité demeure l’énergie la plus coûteuse, tandis que les trois sources d’énergies les moins chères et les plus stables dans le temps jusqu’à la crise énergétique de fin 2021 sont le bois-bûche, les plaquettes forestières et le granulé. Bien que l’inflation sur les énergies fossiles ait été répercutée sur ce dernier, de par les process de fabrication, son coût a déjà diminué et il demeure encore une énergie bon marché.

Le bois-énergie, puisque renouvelable est subventionné par l’Etat. Rapprochez-vous du conseiller France Rénov’ le plus proche de chez vous pour en savoir plus :  https://france-renov.gouv.fr

 

Audrey Petit

Conseillère collectivités

 

Recent Posts

Leave a Comment