Architecture au rythme du soleil : visite de l’héliodome

Malgré la fraîcheur matinale et un ciel alsacien bien gris, une vingtaine de curieux s’étaient donné rendez-vous à Cosswiller dans le cadre de la emaine Solaire. Une visite captivante organisée par Alter Alsace Énergies, prouvant une fois de plus que le sujet du solaire sait réchauffer les esprits, même sans un rayon à l’horizon ! 

Une matinée sous le signe du génie bioclimatique

La visite a débuté en extérieur au pied de ce géant de verre et de bois, souvent comparé à une toupie géante ou un cadran solaire tridimensionnel. Éric Wasser, le concepteur du projet, nous a accueillis en retraçant la genèse de cette aventure un peu folle. Tout a commencé à ses 17 ans par une simple question posée à son professeur d’histoire de l’art : « Mais où est le soleil dans l’architecture ? »

Faute de réponse satisfaisante, il a imaginé une structure capable d’épouser au millimètre près la course de l’astre solaire. Des premiers modèles en cocotte en papier au bâtiment pionnier sorti de terre en 2010, l’arête du bâtiment est taillée selon la courbe exacte du soleil aux équinoxes.

Puis, la matinée s’est poursuivie avec une intervention chiffrée très attendue de Rémi Mammosser d’Énergie Concept, qui nous a partagé les retours d’expérience concrets et les perspectives de développement de cet habitat d’exception.

L’Héliodome à la loupe

Bien plus qu’une curiosité architecturale, le bâtiment d’origine – véritable archétype de 180m2 habitables pour 10m de hauteur et 160m2 de vitrage – offre des performances techniques saisissantes :

  • Un confort d’été imbattable : Lors des canicules de l’été 2026, alors qu’il faisait 39.9°C dehors, l’intérieur plafonnait à 25°C. En été, l’héliodome est entièrement à l’ombre. Avec le réchauffement global, le défi de demain devient d’ailleurs davantage de refroidir que de chauffer…
  • Le défi des hivers gris : En hiver, dès que le soleil brille, la chaleur intérieure monte vite. Mais l’Alsace conserve ses spécificités : lors de l’hiver 2025/2026, la région a traversé six semaines d’affilée sans soleil. Pour pallier ces passages à vide, la maison s’appuie sur une cuisinière à bois, un puits canadien, une ventilation naturelle et un plancher chauffant alimenté par des panneaux solaires thermiques (qui ne surchauffent jamais car ils ne sont jamais exposés tous en même temps !).
  • Efficacité : Le sous-sol repose sur une cave isolée par 15cm de liège, complétée par 40cm de laine de bois pour le reste du bâti. Le choix s’est porté sur du double vitrage (le triple vitrage retenant trop les apports solaires directs). Petite anecdote amusante : grâce au reflet particulier du vitrage incliné, aucun oiseau ne vient s’y heurter… et le nettoyage de la façade vitrée ne se fait qu’une fois tous les quatre ans !
  • Coût et déploiement : Comptez environ 3000€/m2 soit un coût équivalent à une construction standard haut de gamme. S’il a fallu un an pour construire ce premier spécimen, la phase la plus longue a surtout été de convaincre les ingénieurs pour l’ouverture au public. Depuis Cosswiller, une quinzaine d’autres Héliodomes ont vu le jour (comme à Saint-Dié, où un bâtiment deux fois plus grand ne consomme qu’une stère de bois par an), chacun étant unique pour s’adapter à la topographie de son terrain.

Une belle matinée de découvertes qui démontre qu’une architecture résolument durable, intelligente et poétique est non seulement possible, mais déjà bien concrète. Un grand merci à Éric Wasser et sa famille pour leur accueil et sa passion contagieuse, ainsi qu’à Rémi Mammosser pour la clarté de ses explications ! Alors, prêts à construire votre propre héliodome ?

Cliquez pour vous lancer -> http://www.heliodome.com/

 

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